http://gendarmobile.fr/gendarmerie-berlin-1945-art-616-fr.html 

Un détachement de gendarmerie française est présent à Berlin depuis le 3 juillet 1945, administré par la 1ère légion de gendarmerie d’occupation de Neustadt. Le 14 avril 1946 un détachement de la garde républicaine vient renforcer ces forces.

A compter du 5 juillet 1946, le détachement de gendarmerie est créé, il comprend un état - major, une section de gendarmerie et un escadron de sécurité, stationné au camp Foch. L’effectif total est de 291 officiers, gradés et gendarmes. La compagnie prévôtale est dispersée dans les différents quartiers du secteur français et les deux escadrons de sécurité entre le camp Foch (ou cité Tucoulon située Cyklop Strasse) et la caserne Jeanne d’Arc d’Heiligensee (puis le quartier Napoléon).

En 1948, lors du blocus de Berlin, le détachement est renforcé d’un escadron de renfort. Ses effectifs montent à 372 hommes.
Début octobre 1968, l’escadron de sécurité est renforcé par une compagnie d’élèves gendarmes et il y a environ 300 officiers, gradés et gendarmes ( dont 132 élèves gendarmes) jusqu’en 1991, année de la dissolution du détachement de Gendarmerie. La compagnie d’élèves gendarmes est casernée à l’intérieur du quartier Napoléon dans les bâtiments 28 et 28a, le Mess gendarmerie est situé en face de la compagnie, dans le bâtiment 30.

Le détachement est rattaché au commandement de la gendarmerie des forces françaises en Allemagne, la compagnie prévôtale est répartie entre le camp Foch et la cité de Wedding ( aux environs du centre français sur la Müllerstrasse ).

Les missions qui leur sont confiées comprennent la sécurité des troupes, la police générale du secteur français et la surveillance des installations et des terrains sous contrôle du gouvernement militaire. Ainsi les gendarmes sont présents aux trois points de contrôle alliés (Alpha, Bravo et Charlie) et le long du mur lors de patrouilles quotidiennes. Ils fournissent également les escortes des hautes personnalités et les piquets d’honneur, ils sont responsables, chefs de convoi, lors des déplacements du Train Militaire Français de Berlin à Strasbourg et vis versa, accompagnent les gros convois militaires se rendant et rentrant de manœuvre par les couloirs routier et ferroviaire d’accès à Berlin.

Le détachement de gendarmerie relèvera les Russes, au début du tour français puis remettra aux américains, à la fin du tour de garde mensuel et quadripartie qu’assuraient les troupes auprès des sept prisonniers de guerre à la prison militaire de Spandau. Vieille et horrible bâtisse de briques, cette forteresse située sur la Wilhelmstrasse fût édifiée entre 1869 et 1872. On raconte que des prisonniers français de la guerre de 1870-1871 participèrent à sa construction. De 1941 à 1945 ce fût une prison où les SS enfermèrent de nombreux prisonniers politiques dans les 132 cellules individuelles, les 5 cachots et les 10 salles communes pouvant contenir chacune 40 prisonniers. On pouvait encore lire sur l’un des murs d’une cellule du sous-sol, cette inscription en français “Ah les vaches, ils m’ont arraché les ongles”. Beaucoup de prisonniers y furent exécutés, guillotinés ou pendus à l’un des 8 gibets.
Ces sept prisonniers furent condamnés le 1er octobre 1946 par le tribunal militaire international de Nuremberg et transférés à la prison alliée de Berlin-Spandau le 18 juillet 1947, transformée à cette occasion par les alliés.

Baldur von Schirach (9.05.1907 Berlin - 8.08.1974 Kröv ) politicien N.S.D.A.P chef des jeunesses hitlériennes, condamné à 20 ans, libéré le 1er octobre 1966,
Albert Speer ( 19.03.1905 Mannheim – 1.09.1981 Londres ) architecte et politicien N.S.D.A.P ministre de l’armement, condamné à 20 ans, libéré le 1er octobre 1966,
Karl Dönitz ( 16.09.1891 Berlin – 24.12.1980 Anmühle/ Hamburg ) grand amiral, condamné à 10 ans, libéré en 1956,
Walter Funk ( 18.08.1890 Trakehnen – 31.05.1960 Düsseldorf ) politicien N.S.D.A.P ministre de l’économie, condamné à vie, libéré pour raison de santé en 1957,
Erich Raeder (24.04.1876 Hamburg – 6.11.1960 Kiel ) grand amiral, condamné à vie, libéré pour raison de santé en 1955,
Constantin von Neurath ( 2.02.1873 Kleinglattbach / Vaihingen an der Enz – 14.08.1956 Leinfelder Hof bei Enzweihingen / Vaihingen an der Enz ) diplomate et politicien N.S.D.A.P ministre des affaires étrangères, condamné à 15 ans, libéré pour raison de santé en 1954,
puis du dernier détenu seul depuis 1966 Rudolf Hess ( 26.04.1894 Alexandrie /Egypte – 17.08.1987 Berlin-Spandau ) politicien N.S , détenu à la prison militaire de Spandau jusqu’en 1987. Ce dernier, condamné à vie en 1946, mi-fin à ses jours à l’age de 93 ans.La prison fût démolie et rasée quelques jours plus tard, sur son emplacement fût construit un centre commercial réservé aux membres des forces britanniques.

C’est à la gendarmerie qu’étaient confiées toutes les cérémonies protocolaires des relèves montantes ou descendantes des tours de garde mensuels qu’assurait la France à la prison comme les trois autres nations. Parfois devant l’entrée de la prison, au regard de journalistes, parfois aussi dans la petite cour intérieure de la prison, plus discrètement juste entre responsables alliés. Ensuite les unités ou services du gouvernement militaire français de Berlin effectuaient les gardes quotidiennes de 24 heures se relayant durant tous le mois attribué aux français. Dans les années 1970, la rumeur circulait que les Russes n’avaient pas de relèves d’unités, c’étaient toujours les mêmes, du début de la relève montante à la fin du mois, qu’ils ne sortaient pas de la prison et campaient dehors les mois d’été. Par contre à l’époque, les unités et services français avaient le privilège (pour les troupes) de sortir pour prendre leurs repas dans un immeuble voisin faisant partie de la caserne anglaise proche de la prison, dans une pièce propre et confortable, autour d’une grande table nappée, assis sur une chaise rembourée, agréablement servis dans des assiettes par une employée. Pour les soldats sentinelles, le contraste régnait du quotidien “ordinaire”, table recouverte en formica, tabouret ou chaise en tube métallique, plateaux en inox. Les après-midi un thé anglais assurément traditionnel était aussi proposé aux troupes françaises le dernier groupe du repas ramenait le thé en “norvégienne” pour les autres groupes de garde.

La compagnie de gendarmerie de Berlin fût jumelée avec la ville de Helmstedt (RFA) . Le détachement du point de contrôle routier« Alpha » et ferroviaire de Marienborn y résidait dans un immeuble servant de petit hôtel de passage pour des éléments routiers, précurseurs des unités se déplaçant pour les manœuvres, ou lors de stages militaires dans les environs, par exemple stage topographique des futurs sous-officiers. Les membres des forces, leurs familles et leurs invités pouvaient être hébergés, dans la limite des places disponibles, lors de leurs déplacements en RFA, ils devaient s’acquitter d’une redevance de 6 DM par lit occupé. La durée du séjour dans ce centre de passage était, sauf cas exceptionnel, limitée à une seule nuit. La cave chauffée de l’immeuble servait occasionnellement de dortoir pour les militaires, des lits de camp y étaient disponibles en cas de surnombre.

La gendarmerie à Berlin sera équipée de véhicules allemands comme le reste des forces ; motos BMW, fourgons d’intervention VW, de tous les types de voitures légères fournies par le sénat berlinois qui équipèrent les forces françaises de 1945 à 1994, de camions UNIMOG et Mercedes, seul l’armement reste français dont des blindés légers AML 60 Panhard et l’armement individuel.

A compter du 1er septembre 1991, avec la chute du mur et la réunification, la plupart des missions qui leur étaient assignées deviennent caduques, est créé un détachement prévôtal à 15 officiers, gradés et gendarmes. L’escadron de sécurité et la compagnie d’élèves gendarmes sont dissoute à la même date.

Il y avait également sur la Base Aérienne 165, un détachement de gendarmerie de l’Air.

Divers insignes seront portés par le détachement de gendarmerie de BERLIN :

Dès 1945, la prévôté militaire française à Berlin porte l’insigne suivant :

Rondache dorée et émaillée. Fond noir, pignons, pistolets croisés grenache et lettres « P.M. » d’or. Fabrication allemande. L’influence américaine est marquée par la présence des pistolets croisés, insigne distinctif de la military police.

L’escorte du général commandant en chef les troupes d’occupation porte aussi son insigne :

Ecu français moderne doré et émaillé bleu. En chef, motocyclette d’or reposant sur un bandeau noir timbré des cinq étoiles d’or en relief de général d’armée. Au centre, grenache d’argent en relief à la bombe timbrée d’une croix de Lorraine évoquant le passé du héros de Bir-Hakeim (général Pierre KOENIG, premier commandant des troupes d’occupation en Allemagne et en Autriche). En pointe, banderole d’or portant les mots « ESCORTE C.C.F.F.A. ». Fabrication Klein und Quenzer (Allemagne)

Le reste du détachement portera l’insigne de Type I :

Ecu émaillé et argenté brochant sur une épée du même. Ours noir à la langue et aux griffes rouges sur fond d’argent, évoquant les armes de la ville, bordé de l’inscription « GENDARMERIE DES » en lettres d’argent sur bleu moyen à gauche, « T.O.A. A BERLIN » en lettres d’argent sur noir à droite. Insigne homologué le 19 janvier 1948 sous le numéro H.598 : Fabrication DRAGO

 

En 1949 le détachement de gendarmerie de Berlin porte l’insigne de Type II :

Gendarmerie des TOA a Berlin

Sur un plateau argenté, écu d’argent à un ours d’émail noir »lampassé et armé de gueules » ce qui signifie dans le langage courant : à langue et à griffes rouges. Cet écu représente fidèlement les armes de la ville de Berlin dont l’ours était déjà le symbole au XIIème siècle.

L’insigne a conservé l’homologation H.598 donnée au précédent en 1948. Fabrication Arthus BERTRAND et DRAGO.

Il est permis de situer le début du port de cet insigne à 1949, date d’homologation (H.696) du fond d’insigne.

Cet insigne sera porté jusque la dissolution du détachement prévôtal, correspondant à la dissolution du groupement terre des F.F.S.B en 1994.

Au pied du mât des couleurs, un panneau de bois peint, à l'entrée du bâtiment de la gendarmerie de la cité Foch, portait les inscriptions suivantes : GENDARMERIE NATIONALE avec au milieu la croix de la légion d'Honneur rappelant que celle-ci fût agrafée au drapeau de la Gendarmeriedépartementale le 30 juillet 1930 par le Président de la République Gaston Doumergue.

A gauche la grenade argentée de la gendarmerie départementale surmontée des quatre noms des batailles attribuées à son drapeau :

HONDSCHOOTE 1793 - VILLODRIGO 1812 - TAGUIN 1843 - SEBASTOPOL 1855.

A droite la grenade dorée de la gendarmerie mobile et de la Garde Républicaine mobile surmontée des quatre noms des batailles attribuées au Drapeau de la Garde Républicaine :

DANTZIG 1807 - FRIEDLAND 1807 - ALCOLEA 1808 - BURGOS 1812. 

La gendarmerie ou la prévôté de Berlin

Relève de la garde mensuelle à la prison militaire de Spandau dans les années 1950.

C’est à la gendarmerie que sera confiée toutes les cérémonies protocolaires des relèves montantes ou descendantes des tours de garde de la France auprès des troupes alliées à la prison militaire de Spandau.
Ici sur la photo prise vraisemblablement début juillet à l’extérieur de la prison devant la porte, les russes, garde montante sur 3 rangs, viennent relever le tour de garde des français, garde descendante sur 2 rangs ( un groupe de gendarmes étant encore en faction ).